
Nous avons la tristesse de vous faire part du décès de
fand statt am Mittwoch 13 Mai 2026 à 13h30
Crématorium du Père-Lachaise
55 Rue des Rondeaux - 75020 Paris
fand statt am Dienstag 2 Juni 2026 à 15h00
Columbarium du Père-Lachaise
71 Rue des Rondeaux - 75020 Paris
Mes plus sincères condoléances à la famille de Raymonde. Je partage ici le souvenir de nos récents échanges. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques mois (grâce à Camille Paulhan), car je souhaitais présenter une oeuvre de Raymonde à l'acquisition pour le FRAC Normandie. Nous avions échangé par téléphone, puis plusieurs heures dans son appartement parisien, où elle m'avait montré toutes les œuvres encore disponibles ("vous faites bien de venir, il n'y a plus grand-chose ! On ne m'a rien acheté pendant des années, et maintenant tout le monde se réveille"), ainsi que des revues féministes historiques (Le Torchon Brule, auquel elle avait contribué). Elle avait acheté des chouquettes, n'en a pas pris et m'a incité à en manger sept ou huit. Nous avons longuement parlé de féminisme, de son rapport (distant et méfiant) au monde de l'art, de sa manière obsessionnelle de réaliser ses oeuvres. C'était un moment d'une grande générosité, que je garde précieusement en mémoire. Le FRAC Normandie a par la suite décidé d'acquérir "Paille de fer pour girly", incroyable tricot de fil de fer au point mousse de 4kg.
Raymonde Arcier est une artiste historique. La ténacité de sa pratique artistique, qui n'a été reconnue que très tardivement (beaucoup trop tardivement) par les institutions, la justesse et l'efficacité redoutable de ses œuvres, ainsi que l'intransigeance de ses engagements en font une figure-clef de l'art féministe en France. Merci, Raymonde, pour tout cela.
Morgan Labar
Chère Raymonde,
En ce moment triste, nous voulons t’écrire quelques mots sur l’attachement et la bienveillance que tu as partagé avec notre papa Bruno, car nous devons penser à l’amour et au bonheur que tu nous as apportés quand tu étais avec nous.
Comme lui, tu étais bouillonnante d’énergie, curieuse de tout, affamée de savoirs.
Bruno était ton petit quand il avait peur… il était ton sale gosse quand tu l’engueulais sur ses imprudences, il était ton copain quand tu délirais sur rien et que vous vous moquiez de tout ! Ces quelques mots, tu les as écrit, Bruno était un « Mensch » expression yiddish pour désigner un vrai être humain… tout comme toi…
Gourmande de se connaître, connaître d’autres personnes et d’autres horizons, tu as su élargir ton monde, et devenir une artiste. Même un simple compas, tu le faisais vibrer en danseuse dans ton imaginaire, Clara, ta petite nièce s’en souvient… Aurélie, Angélique, les mignonnes, n’oublient pas non plus l’école des loisirs, tous ces romans que tu leur as fait découvrir dès leur plus tendre enfance.
Tu as écrit, … tous les jours, Bruno m’accompagne ; je le vois si vivant que mon chagrin s’estompe. Quelque part, nous te voyons aussi vivante , nous pensons à toi et nous t’embrassons fort.
Je voulais ici vous envoyer quelques souvenirs que j'avais sur votre tante Raymonde Arcier, que j'avais rencontrée début 2019 par l'intermédiaire de Julie Crenn. Je travaillais à l'époque à un article, paru par la suite dans art press, sur la question de l'âge chez les artistes femmes. C'était un sujet compliqué car globalement, je rencontrais des artistes âgées pour leur demander de me parler de leur rapport à l'âge, à la maternité, à la ménopause, à la séduction... Autant dire que normalement, les gens ont tendance à un peu vous claquer la porte au nez (et je les comprends !). Raymonde m'avait reçue dans son appartement, à un moment où elle souffrait beaucoup du genou, et m'avait longuement parlé, avec générosité. Cela m'avait touchée, elle avait beaucoup de choses à dire, la langue pas dans sa poche, une gouaille bien à elle. J'avais découvert son travail, comme beaucoup de monde, dans l'exposition "L'esprit français" à la maison rouge en 2017. C'était pour moi très impressionnant de la rencontrer, de lui parler, de l'entendre parler de ses années militantes.
En 2023, je l'ai contactée à nouveau car je préparais une exposition, La marrade (avec Hanna Alkema) au LAAC à Dunkerque, et nous souhaitions absolument présenter des oeuvres d'elle. Le CNAP nous a prêté une grande oeuvre, Le sac de noeuds, et nous avons pu emprunter à un collectionneur privé une oeuvre mal connue d'elle, Jeu de dames. Ces deux oeuvres ont été particulièrement appréciées par les visiteurs, on nous en a beaucoup parlé, les journalistes aussi l'ont signalé à plusieurs reprises. C'était pour moi très important de mettre son travail à l'honneur, mais aussi sa parole puisqu'un entretien avec elle apparaît dans le catalogue que nous avons fait publier à l'occasion de l'exposition. Elle y parle du rire, du sens de l'humour, de sa famille et m'envoie dans son dernier mail ces mots formidables : "Je suis certaine que le catalogue sera éloquent pour montrer cette joie qui nous débordait pendant que nous hurlions ou réalisions, ou encore défilions de façon éhontée aux yeux de tous ce qui était imposé aux femmes depuis des millénaires dans une hypocrisie générale.
Quelle fête !"
Alors voilà, c'est exactement cela dont je veux me souvenir quand je penserai à elle.
Chère Raymonde
Tu resteras dans nos coeurs. Nous avons passé d' agréables moments comme partager un café avec des douceurs sucrées, des conversations sur l' actualité, la culture. J' ai eu le privilège de voir certaines de tes oeuvres fabriqués dans le village de Normandie que tu aimais , La joie et la fierté de tes expositions à Paris.
Reposes en paix
Alain et Christine GILLE
Chère Raymonde,
Je me souviendrais toujours de l’énergie que tu as déployé pour ce montage d'exposition à Bourges. Des rires partagés et du vernissage bien célébré.
Je te remercie de la confiance et du soin que nous as accordé.
Reposes en paix